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CRISE DE LA PENSEE AU MAROC, Passagère ou irréversible ?

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Il convient d’emblée de signaler que nous baignons dans un siècle de crises : crise politique, économique , sociale , financière , familiale , identitaire , crise de la pensée …..

La chose qui nous interpelle est de savoir la cause principale du déclin de la pensée .Est elle tributaire à l’ Etat ? aux instituitions ? aux jeunes ? ou c’est une reponsabilité publique ?

La cause principale de la crise de la pensée est inhérente à la qualité de l’enseignement dispensé dans nos établissements  allant du primaire jusqu’au supérieur .

Selon le HCP le taux d’analphabétisme au maroc atteint 32% , plusieurs élèves rencontrent des difficultés énormes dans les langues .Dépourvus de cet arme incontournable pour pouvoir s’exprimer , révéler leurs  angoisses et leurs désirs , nos jeunes préfèrent s’engouffrer dans leur tour d’ivoire car sans langue il n’y a pas de pensée , ni de transmission et par conséquent absence totale d’intéraction .

Loin de les sous-estimer nous pensons que nos jeunes ont un potentiel , des idées mais malheuresement ils sont dans l’incapacité de les divulguer , de les extérioriser , de les rendre plus intéressantes . Désarmés de patience et de volonté leur souffle est éphémère  et leur bougie est prête à s’éteindre rapidement . Ils imputent ce rejet de la pensée à des facteurs coercitifs  immédiats et urgents,  au manque de temps .Certes nous avons un capital humain mais mal orienté , passif et indifférents .

Qui dit penser dit préserver sa culture , sa civilisation et son identité , les placer en haut de l’échelle pour leur épargner un éventuel oubli . Nos jeunes , espoir unique de notre pays ,réussiront –ils à prendre la relève ?

Se donner à la pensée est une grande responsabilité et un engagement démesuré or nos jeunes s’abstiennent au lieu de s’engager dans des sujets sérieux optant pour une position victimaire et dédaignent  leur part de responsabilité dans cette nonchalence intelectuelle . Ils leur manque cet ingrédient inéluctable pour toute réussite en l’occurrence la motivation .Celle-ci peut nous  garantir la pérennité de la pensée chez nos jeunes  .  A cette fin ultime les jeunes sont censeés travailler en amont et on aval pour aboutir à une pensée  bien tissée .

Penser est un droit universelle et ne doit pas être à l’apanage d’une classe sociale spécifique , ne doit pas être dans une langue au détriment d’une autre langue . Chacun peut penser par le biais de sa langue favorite .La marginalisation de la langue arabe et Amazigh  en est un exemple patent . S’enfermer dans le carcan français est une façon de contribuer en filigrane à l’aliènation culturelle de ces deux langues  .

Il est urgent d’investir non seulement dans les projets économiques mais dans l’Homme . Ainsi nous pourrons envisager le développement de tous les secteurs et avoir des citoyens qui s’imprégnent de leur culture et défendent  bec  et ongle leur patrie .

Nous souhaitons que cette crise soit  passagère et que nos jeunes aient un profil éclectique,se lancent dans la quête permanente du savoir , aient de la trempe  et soient emportée par ce désir incessant  de se construire et de léguer aux générations prochaines un patrimoine culturelle d’envergure comme ont fait: Mehdi El Mandjra , Abdallah Laroui , Abde lekbir Al khatibi ,El Jabri , Aziz Bellal , Myriam El Mernissi ,  Leila Slimani , Abdellatif Laabi , Tahar Ben Jelloun et beaucoup d’autres .

Keltoume Boutte

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