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Cette heure d’été qui fâche  

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Le Maroc connait ces derniers jours un mouvement de protestation des lyciens et collégiens contre la perpétuation de l’horaire d’été, à la suite l’annonce du  Gouvernement, survenue  le 26 octobre dernier, de rester l’heure d’été et de l’adopter comme heure officielle du royaume pour toute l’année. Le gouvernement a présenté des raisons à cette décision inattendue telle que la rationalisation de l’usage de l’énergie pour pouvoir profiter au maximum de la lumière du jour et l’harmonisation avec l’environnement européens économique international pour des raisons purement économiques. Cette décision de rester sur l’heure d’été a créé une tension dans la société, au sein des écoles et des administrations.

Face à cette réalité, une grande partie des Marocains sont  écœurés et ne comprennent pas les vraies raisons derrière un choix gouvernemental pour le moins inattendue de la part d’un gouvernement qui n’en finit pas de surprendre. Mais cette fois -ci, ce sont les jeunes étudiants du lycée qui sont descendus  dans la rue,  pour protester contre la triste décision. Parmi les slogans qui sont portés par les élèves en colère, qui sont même allés devant le parlement, on peut lire « Le peuple veut renverser l’horaire ». C’est un slogan fort de sa signification et qui trouve ses racines dans le soulèvement de 2011 en Tunisie, connue désormais sous le nom de ‘’révolution du Jasmin’’ où les jeunes tunisiens peuple criait « Le peuple veut renverser le président » ou «  Le peuple veut renverser  le système » ou encore « Dégage ! », des slogans tantôt insolents tantôt profonds, qui expliquent aussi bien le ras-le-bol que la maturité politique des manifestants.

L’heure d’été appliquée au Maroc, c’est une décision inédite. Elle a été prise à la dernière minute, lors d’une réunion expresse du gouvernement marocain. Cette décision qui n’a été précédée d’aucun débats, a  provoqué des perturbations sur les séniors voire les juniors. , et C’est la raison pour laquelle, les rues des beaucoup de villes marocaines sont investies par des jeunes protestants depuis l’annonce de l’adoption de l’heure estivale comme horaire fixe en hiver .

Des milliers des collégiens et des lyciens ont refusé de gagner les bancs des écoles et se sont réunis devant  le parlement dans une atmosphère triste et inquiétante, surtout après la mort, à Meknès, d’un collégien de 13 ans en marge d’une manifestation pour les mêmes raisons. Et jusqu’aujourd’hui, les manifestations se poursuivirent toujours et les jeunes comptent faire pression jusqu’à ce que  l’horaire de l’été  soit modifiée. Au niveau des établissements, le boycott des cours était total au niveau de cycle secondaire qualifiant, et une absence visible au niveau secondaire collégial

L’adoption du nouvel horaire parait injuste aux yeux du citoyen marocain qui s’indignent de voir les enfants partir aux écoles avant le lever du soleil. A cela s’ajoutent les conditions des écoliers résidants très loin des établissements scolaires et qui font  des kilomètres pour arriver en classe, ce qui montre que les architectes de cette décision ont négligé les intérêts des couches sociales vivantes dans la précarité et dans des situations délicates,  notamment ceux qui souffrent du climat dur  dans l’hiver. Ainsi le nouvel horaire affecte aussi la santé des citoyens qui déjà ont du mal à dormir la nuit ….

La mobilisation contre l’horaire, guidée dans la plupart du temps à partir d’Internet, montre encore une fois la puissance des réseaux sociaux, Face book /Twitter/Instagram   et l’influence de ces derniers sur la jeunesse marocaine, surtout avec la réussite de la compagne du Boycott des trois produits de consommation depuis février dernier.

 Tout compte fait, la question qui se pose et qui va de soi, c’est que cette décision n’aurait pas dû être prise aussi hâtivement et sans consulter les experts, académiciens, acteurs économiques, politiques, culturels et associatifs.

Ainsi, les slogans parfois insolents montrent que la société marocaine vit une crise de valeurs, de conscience,  une prédisposition des jeunes notamment ceux du lycée  à recourir à l’anarchie et le désordre. Bref, l’agitation est à son comble parmi les adolescents à un tel point que quelques uns parmi eux ont perdu le contrôle  sur leurs actes, ce qui menace la sérénité du milieu scolaire  et la sacralité de cet espace tant respecté malgré les incidents graves recensés antérieurement comme par exemple les nombreuses violences et agressions contre le corps professoral,  ce qui  donne le signe que ça va très  mal chez nous. Un traitement urgent de cette crise et une gestion plus responsable des dossiers qui fâchent devraient voir le jour le plus vite possible, pour faire éviter au pays des retombées et conséquences graves et aller vers  un retour rapide au calme et l’apaisement de toutes les classes sociales à commencer par ces élèves en colère dont la présence devrait être sur les bancs des écoles et non dans les rues.

                           SOUAD MAAROUF
@MPM 6

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