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A l’enceinte de la FLSH AGADIR, la 2ème table ronde de la rencontre internationale du FIFTA sur les médias et le patrimoine culturel.

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En marge du Festival International du Folklore Traditionnel d’Agadir, l’Association Flamant d’Art et de Développement Socioculturel a organisé ce samedi 10 mars, en partenariat avec la Faculté des Lettres et des Sciences Humainesde l’Université Ibn Zohr,la deuxième journée de la Rencontre Internationale sous le thème « Arts populaires, Patrimoine culturel universel » à l’Espace des Humanité de ladite faculté.

Animée par des éminents professeurs universitaires à côté des hommes d’arts et des médias du MAROC, de la FRANCE et de la TURQUIE, la deuxième table ronde a soulevé la thématique des « Médias et Patrimonialisation » sous différents angles d’attaque académique, pratique et médiatique, à la lumière des festivals des arts populaires, l’une des figures artistiques du patrimoine immatériel universel.

Aborder le concept festivalconsistepour Monsieur Omar ABDOUH, modérateur de cette table ronde, àtoucherune autre dimension de l’Homme, cet être social producteur d’une culture grâce à laquelle le monde n’a jamais vieilli.

D’un point de vue pratique, les interventions des artistes du Maroc et de la Turquie participant au FIFTA, ici présents, ont mis en lumière la richesse du patrimoine culturel folklorique de leurs pays.

Enseignant chercheur dans le patrimoine immatériel, monsieur Abderrahim TIGNI a défini le concept patrimoine (matériel et immatériel) comme tout ce qui est hérité des générations précédentes dans les différents domaines (culturel, architectural et historique) et transmis d’une génération à une autre par de différents médiums (écrit, oral ou bâti). Et c’est grâce aux efforts colossaux des artistes dans la promotion et la préservation de l’héritage immatériel,que ce trésor culturel se transmet d’une génération à une autre comme monsieur TIGNI, acteur associatif et chef de la troupe Tamkchad de Rogba et des Arts Populaires venue de ZAGORA et monsieur Hakan EVICIMAN, président de la Fédération des folklores traditionnels en Turquie et chef de la troupe Art Folklore venue d’ISTAMBOULE.

Au MAROC profond,les folklores de l’oasis de DRAA (Rogbade ZAGORA, Ouakdide DRAA, Ahouach d’AGDEZ, El Guedra de MHAMID EL GHIZLANE et Ahaidouss), sont conservés grâce aux associations et aux Chioukhqui lesinterprètent dans les différentes festivités aux rythmes des tambours, des mains et des pieds.

En TURQUIE, les arts populaires qui remontent à l’époque ottomane, se transmettent aux nouvelles générations grâce aux programmes de formation enseignés dans les écoles, ce qui contribue à la promotion des folklores turques.

Dansla valorisation de ce patrimoine folklorique, d’autres acteurs cette fois-ci dans une perspective scientifique et académique, jouent un rôle crucial à travers des projets de recherches universitaires entrepris dans le domaine de la culture. D’ailleurs, l’initiative des professeurs chercheurs de la FLSH AGADIR comme Monsieur Hassan OUTALEB du Département de la langue arabe, a engendré plus de 500 mémoires. Ce travail scientifique descriptif du patrimoine culturel de la région du SOUSS, réalisé avec enthousiasme par les étudiants de cette faculté sur le terrain, nécessite pourtant son archivage pour contribuer à l’immortalisation de cet héritage immatériel riche et diversifié.

Interpellant l’approche de l’historien de la littérature française LANSON, l’histoire est non seulement celle qui conserve le patrimoine matériel par sa réhabilitation comme les monuments, mais celle qui immortalise l’héritage immatériel emmagasiné dans ce qu’on appelle en sociologie ‘’ l’imaginaire collectif ’’.  D’ailleurs, la prise de conscience de l’importance de la conservation du patrimoine s’est accentuée avec les guerres mondiales vu ses répercussions néfastes sur l’humanité et la mondialisation qui a sacralisé l’image d’une communauté globale alors que le monde est né diversifié et différent. Les peuples doivent ainsi conserver leurs spécificités culturelles et historiques.

Le rôle indéniable de l’université mis en exergue par le professeur OUTALEB dans la valorisation de ce leg humain, est démontré par la démarche scientifique opérée par Monsieur Ismail MADANI ALAOUIdans l’analyse du fait social artistique.

Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, monsieur ALAOUI s’est aventuré talentueusement dans une autre dimension d’analyse d’une chanson du rappeurMUSLIM intitulée ‘’ L3ayn l7amar ‘’, « une écriture de l’aventure que l’avenir de l’écriture ».

La lecture procédée par le professeur de cette chanson, inscrite dans un autre genre artistique populaire chez les jeunes, a dévoilé une autre ossature du texte sémantique et linguistique,à travers les représentations culturelles véhiculées, ses registres linguistiques, son schéma narratif, sa dimension poétique et sa structure dialectique et thématique, caricaturant ainsi un fait social dans l’objectif de transmettre un massage fort au public.

Lors de cette table ronde, les hommes des médias avaient également leur mot à dire à travers la participation de monsieur Mark ROBSON, directeur de Radio 95 bergeracune antenne qui diffuse des variétés artistiques musicales et folkloriques de plusieurs pays.

Aussi président du Festival Country, monsieur Robson a soulevé la notion du folklore, ses différentes formes (country music ou festival country) dans certains pays d’Europe et ses spécificités. En fait, le folklore est non seulement un code vestimentaire, de la musique et de la danse mais il s’agit de cette flamme jaillie des yeux des artistes qui viennent pour le public, « fous de joie d’être avec le public » répliqua l’intervenant français.

« Un festival, c’est toute une organisation où les médias occupent une place primordiale dans le processus d’information du public sur les activités programmées, ce qui se passe et ce qui va se passer » selon monsieur ROBSON qui a félicité l’association organisatrice pour la réussite de la première édition du FIFTA.

 Un festival réussi grâce à ses organisateurs, ses sponsors, ses partenaires et ses canaux médiatiques. Le rôle de ce dernier élément dans la promotion culturelle, a été aussi mis en exergue par monsieur Omar ABDOUH, chercheur convoité dans le domaine des médias. « Sans médias, un festival ne peut pas aboutir à ses objectifs » insista l’intervenant.

Pour le coordinateur du Master Métiers et Pratiques des Médias à la FLSH AGADIR, les médias externalisent le fait culturel, comme le chant ou la danse, un acte simple aux yeux des artistes et des chioukh, maispatrimonialisé pour sa riche valeur symbolique; et ils contribuent par conséquent à le mettre dans cette posture de mondialisation.

La culture décrite par l’intervenant « comme tout ce qui reste lorsque l’Homme a tout oublié » est cet élément qui rend à l’être social son équilibre grâceauxrepères culturels de sonenvironnement, incarné par certains phénomènes comme les moussem, moment de vacances et d’éclatement, qui capitalisent toute une culture dont la lecture offre au chercheur un champ fructueux de recherche et où les médias jouent un rôle indéniable dans la valorisation du patrimoine culturel immatériel.

Sans le dénaturaliser, les acteurs médiatiques doivent contribuer à préserver cet héritage et défendre la vraie valeur de la culture et sa sacralité,ce miroir de l’histoire et de l’authenticité, véhiculée à travers les gestes et les textes folklorisés offrant ainsi au public un magnifique voyage à travers le temps.

Il reste à noter que la directrice du festival Chama EZ-ZAHRANI et des membres du comité d’organisation du FIFTA ont pris aussi part à cette table ronde.

En bref, cette rencontre scientifique organisée par l’Association Flamant en partenariat avec le Master des Métiers et Pratiques des Médias a permis aux étudiants dudit master d’approfondir leurs acquis théoriques et de faire preuve pratiquement de leurs compétences et leurs talents dans le domaine médiatique à travers la couverture de toutes les activités de la première édition du festival du folklore au MAROC.

 

Par Hanane@MPM6
Master Métiers et Pratiques des Médias
FLSH UIZ AGADIR

 

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